L’Italie fabrique de belles lunettes depuis bien plus d’un siècle, et le métier s’y transmet encore souvent comme celui du vin, en famille et à la main. Voici ce qui se passe réellement, étape par étape, entre une plaque d’acétate et une monture faite main achevée.
En bref
- Une monture faite main repose sur des mains expertes : tailleurs, polisseurs et poseurs de charnières.
- Une monture en acétate faite main passe par environ huit étapes et demande des semaines, pas des heures.
- Deux étapes séparent le fait main de l’industriel : le tonnelage, des jours passés dans des tonneaux de bois qui polissent l’acétate jusqu’à un brillant profond, et la pose minutieuse des charnières.
- Les montures Berenford sont faites main en Italie en acétate Mazzucchelli 1849, avec des charnières OBE fabriquées en Allemagne et des verres Zeiss, et chaque modèle est une édition limitée à 100 exemplaires.
Que signifie « fait main » dans la lunetterie italienne ?
La lunetterie italienne réunit de grands groupes industriels et de petites maisons familiales. Dans le travail fait main, le savoir-faire est la vraie richesse : des tailleurs, des polisseurs et des poseurs de charnières qui ont appris le métier à la main, souvent auprès de la génération précédente. Les étapes ci-dessous décrivent la fabrication de toute monture en acétate faite main. Les montures Berenford sont dessinées à Lugano et faites main en Italie.
Les huit étapes d’une monture faite main
1. L’acétate est préparé. L’acétate Berenford vient de Mazzucchelli 1849, à Castiglione Olona, près de Varèse. L’acétate de cellulose est pressé en blocs et tranché en plaques, puis la plaque est découpée en pièces au format d’une face de monture.
2. La face est taillée. Dans une monture faite main, la face est fraisée dans la plaque d’acétate, et non moulée. Les drageoirs, le pont et le trou de serrure prennent forme en passes successives. À ce stade, la monture a des arêtes vives et un aspect mat : on est plus près de la menuiserie que de la mode.
3. Les branches sont taillées et armées. Chaque branche est fraisée séparément, puis renforcée d’une âme métallique qui permettra à un opticien d’ajuster le chaussant à chaleur douce pendant toute la vie de la monture.
4. Le tonnelage. Les pièces taillées passent des jours dans des tonneaux de bois rotatifs remplis de copeaux de bois et de pâte de pierre ponce. Cette lente friction arrondit chaque arête et donne à l’acétate son brillant profond et régulier. Cette seule étape, toute de patience, est l’une des marques les plus nettes d’une monture faite main.
5. Les charnières sont posées. La charnière est noyée à chaud dans l’acétate : c’est la matière elle-même qui la tient fermement. Berenford utilise des charnières OBE, fabriquées en Allemagne.
6. Les verres sont taillés et montés. Les verres sont taillés à la forme du drageoir, puis montés dans la face. Berenford utilise des verres Zeiss, qui bloquent tous 100 % des UVA et des UVB.
7. Polissage final et contrôle. La monture assemblée est polie une seconde fois, les branches sont alignées et l’ensemble est vérifié par rapport à la géométrie de référence du modèle. Ce qui ne passe pas le contrôle est repris ou écarté.
8. L’édition se referme. Chaque modèle Berenford est une édition limitée à 100 exemplaires. Une fois épuisée, elle n’est pas reproduite.
Combien de temps faut-il pour une monture faite main ?
Des semaines, de la plaque découpée à la monture achevée. Le tonnelage, à lui seul, prend des jours. Une monture injectée se fabrique en une fraction de ce temps.
Pourquoi cela compte pour celui qui la porte
Une monture fabriquée ainsi peut être entretenue, repolie et réajustée pendant des années. L’acétate garde la profondeur de sa couleur, la charnière garde son mouvement, et la monture devient l’un de ces rares objets qui gagnent à être possédés. Pour juger du résultat en main, commencez par The Icons, ou lisez nos articles sur l’acétate lui-même et sur les charnières.
La Rédaction, Berenford